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 Pourquoi sans fil ?


Pourquoi la transmission radio plutôt que par fil ?

Extrait de la consultation publique "boucle locale radio" de la Direction Générale des Postes et Télécommunications (septembre 1996):
 
" Aujourd’hui la possibilité de recourir à des liens radio pour établir le dernier segment d’accès à l’abonné est considérée comme un facteur clé du développement des télécommunications pour au moins quatre raisons :

  1. La boucle locale radio peut être conçue comme un vecteur de développement des services multimédia et de l’introduction de nouveaux services. [...] De plus, la boucle locale filaire paraît moins adaptée dans sa structure actuelle à la fourniture de services haut débit que des réseaux déployés dans les fréquences de la gamme des micro-ondes.
  2. Elle est également l’un des moyens pour stimuler l’introduction de la concurrence dans la boucle locale. Les technologies radio peuvent être considérées par les nouveaux entrants comme un moyen de concurrencer l’opérateur historique pour l’accès à l’abonné sans avoir à supporter ex ante le poids des investissements des réseaux filaires. L’utilisation d’infrastructures hertziennes devrait en effet permettre de déployer un réseau à moindre coût et plus rapidement que dans le cas d’infrastructures filaires. En outre, les solutions radio permettent une planification du réseau de distribution plus simple puisqu’il n’est en général pas nécessaire de connaître a priori la position exacte des abonnés et en particulier celle des futurs clients. L’exploitant peut, par ajout ultérieur d’antennes, augmenter la capacité du réseau et sa couverture en fonction de la demande, ce qui lui assure une meilleure progressivité des investissements en fonction du nombre d’abonnés que dans le cas d’une solution filaire.
  3. La boucle locale radio peut contribuer à la diminution du coût des prestations de service universel dans certaines zones géographiques. En effet, les coûts de déploiement et de maintenance des réseaux s’appuyant sur des technologies radioélectriques semblent être sensiblement moins élevés que ceux des réseaux filaires, notamment dans les zones géographiques à faible densité de population.
  4. La boucle locale radio représente un marché potentiel important, qui présente donc un caractère stratégique pour les opérateurs de réseau et les industriels."

Pourquoi pas par satellite ?

Les liaisons par satellite butent d'une part sur la puissance d'émission, qui nécessite un appareillage coûteux et une licence adéquate, d'autre part les choix économico-politiques des opérateurs. Elles sont envisageables:

  1. en réception uniquement pour ce qui est des particuliers, ce qui implique d'émettre via le téléphone ou quelqu'autre médium (MDS, CanalSatellite, TPS, etc...)
  2. pour interconnecter des opérateurs, en complément/alternative des réseaux filaires à gros débits (flottes de Teledesic, Skybridge, SpaceWay, CyberStar, AstroLink, etc...)

La solution qui consiste à émettre via le téléphone et à recevoir via le satellite peut apparaitre à priori cohérente avec l'usage du surfeur consommateur, qui émet de courtes requêtes et reçoit des paquets de données plus volumineux, mais elle présente des inconvénients majeurs:

  1. en fonctionnement de télétravail, la dissymétrie est inverse, à savoir que le tététravailleur reçoit le plus souvent des demandes assez brèves de son client (commandes) et transmet en retour des fichiers plus volumineux (travail réalisé)
  2. la dissymétrie est également inverse dans le cas des serveurs, ce qui tend à induire une attitude plus consommatrice que productrice qui n'est ni dans l'esprit de l'Internet ni dans l'intérêt des zones rurales
  3. les liaisons par satellite sont inadéquates pour remplir l'une des fonctions importante du réseau, qui est de constituer une sorte d'Intranet entre les habitants et acteurs de la zone pour améliorer les fonctionnements collectifs
  4. cela ne parait pas sain de faire dépendre les infrastructures locales de groupes économiques puissants, plus susceptibles de défendre leurs propres intérêts que de se soucier de ceux des territoires ruraux

Pourquoi pas l'ADSL ?

L'ADSL permet en théorie d'utiliser les lignes téléphoniques existantes, en élevant la fréquence de manière à faire passer plus d'informations, et en le faisant de manière dissymétrique pour réduire les interférences. Dans la pratique, compte-tenu des lignes, des répartiteurs et des appareillages existants, cela ne peut fonctionner que dans un périmètre de quelques kilomètres autour des répartiteurs et ne concerne donc actuellement que des villes assez importantes. Cela va certainement s'améliorer dans un proche avenir, mais probablement au prix d'adaptations des infrastructure de distribution, ce qui ramène au coût d'installation et de maintenance des infrastructures filaires en zones à faible densité, et donc aux infrastructures hertziennes qui coûtent moins cher dans ce contexte.
Par ailleurs, l'ADSL pose les mêmes problèmes de dissymétrie des flux que le satellite, tendant à reproduire des logiques de broadcasting et de séparation producteurs/consommateurs.

Pourquoi pas les lignes électriques ?

Il est techniquement possible d'utiliser les lignes de distribution électrique en superposant la transmission d'informations à celle du courant, ce qui se fait dans d'autres pays et qui fonctionne. Cela suppose toutefois des adaptations des lignes et des installations aux extrémités qui équivalent à peu près une installation de toute pièces. Ce qui est cependant le plus gênant est que cela reviendrait dans le contexte français actuel à organiser la confrontation d'un monopole (EDF) avec un ex-monopole de fraîche date (France Télécom) pour introduire de la concurrence en matière de fourniture d'infrastructures d'information ! C'est le genre de jeux d'apprenti sorcier dans lequel les pouvoirs publics ne semblent pas désireux de se risquer, et on ne peut guère les en blâmer tant il y aurait d'effets pervers à redouter d'un tel micmac.


Notes:


 Pssst ! Les images de l'entête servent à naviguer au sein du document.


Webmestre: Didier Lebrun - Mise à jour : 17 février 2001